Orange présente son nouveau plan stratégique Engage 2025. Lors de la présentation qui a eu lieu mercredi, Stéphane Richard le PDG d’Orange a résumé le programme en deux mots : croissance et responsabilité.

Le nouveau plan stratégique baptisé Engage 2025 prend donc la suite du plan Essentiels2020 lancé en 2015. Pour commencer, Orange va poursuivre ses engagements forts dans l’exemplarité sociale et environnementale.

Des engagements forts dans le social et l’environnement

En complément de ses ambitions dans le déploiement du très haut débit (fixe et mobile), Orange est aujourd’hui déjà très engagé mais prévoit d’aller encore plus loin dans la formation et l’accompagnement des exclus du numérique. Pour cela, le Groupe va ouvrir des « Digital Center » dans toutes les régions où il est présent et dans ses divisions opérationnelles en France. Il compte également proposer dans les pays européens où il est présent des offres destinées aux foyers à faibles revenus, comme il existe déjà en France avec « Coup de Pouce Livebox » ou Espagne avec « gigas solidarios ».

Concernant l’environnement, Orange est conscient de son impact écologique et a pris depuis maintenant plusieurs années des mesures pour réduire ses émissions carbone. Avec « Engage 2025 », il poursuit donc son engagement et vise la neutralité carbone pour 2040 et ce malgré la croissance constante de la demande en connectivité. Pour cela, le Groupe aura recours aux énergies renouvelables, qui représenteront d’ici 2025 la moitié de son mix énergétique. Orange renforcera aussi son programme Green ITN pour réduire la consommation énergétique de ses réseaux, et le nombre de véhicules électriques sera multiplié par 10 en France. Enfin, il s’appuiera davantage sur l’économie circulaire avec par exemple des produits éco-conçus, des équipements réseaux de seconde main et davantage de terminaux d’occasion disponibles dans les boutiques.

Un plan basé sur quatre ambitions

 

Une connectivité enrichie et des infrastructures mieux valorisées

La première ambition du plan stratégique pour 2025 est de « réinventer le métier d’opérateur ». Orange a pour objectif d’offrir une connectivité toujours plus rapide (jusqu’à 10 fois plus de débit) à ses clients grand public et les professionnels.

Sur le fixe cela va donc passer par la fibre (FTTH), déjà en fort développement aujourd’hui avec 41 millions de foyers raccordables (prévisions fin d’année) dont 14,6 millions en France . L’objectif pour l’opérateur est d’être en mesure de commercialiser ses offres FTTH dans plus de 65 millions de foyers en Europe d’ici 2023 et de confirmer son leadership. Pour permettre à ses clients de profiter au mieux de la fibre, Orange développe également différentes solutions dont notamment le Wi-Fi intelligent, disponible sur les Livebox 4 et Livebox 5.

Lors de la présentation du programme, Stéphane Richard a également évoqué la possibilité de proposer prochainement des offres fibre avec des débits allant jusqu’à 10 Gbits/s.

Avec cette montée en débits, Orange pourra alors proposer de nouveaux services dans les contenus par exemple, avec de la TV enrichie en OTT, ou encore dans la « maison du futur » avec des offres de sécurité ou de télé-assistance.

Sur le mobile, Orange se prépare évidemment à l’arrivée de la 5G et a même réalisé un premier lancement commercial en Roumanie. Le nouveau réseau mobile devrait être disponible en 2020 dans l’essentiel des pays européens où Orange est présent. Dans un premier temps, la 5G répondra à la demande croissante de connectivité avec notamment des débits jusqu’à 10 fois plus rapides que la 4G. Ensuite, à partir de 2023, une fois que le coeur de réseau aura évolué pour la 5G, l’opérateur pourra proposer une connexion avec une latence très réduite et de nouvelles fonctionnalités comme le network slicing (permet d’affecter une tranche de réseau à un usage spécifique).

Orange prévoit alors l’émergence de nouveaux usages pour le grand public (vidéos immersives, cloud gaming) mais aussi et surtout pour les clients entreprises pour lesquels la 5G sera une vraie rupture (optimisation des temps de production, pilotage à distance des machines, maintenance prédictive, etc.). D’ailleurs, l’opérateur travaille déjà avec des entreprises pour développer de nouveaux usages et inaugurera en 2020 à Châtillon un centre de co-innovation.

Pour atteindre ses objectifs en terme de connectivité, Orange doit donc réinventer son modèle dans les infrastructures pour mieux les valoriser.

Sur le FTTH, Orange va continuer le développement en propre dans les zones AMII (zones moyennement denses) pour respecter les engagements pris mais prévoit de s’associer à des partenaires dans certaines zones pour maitriser ses investissements financiers. Pour cela, une filiale nommée « Orange Concessions » sera créée en 2020 pour regrouper les 4 millions de prises des RIP (Réseaux d’Initiative Publique) appartenant aux collectivités locales et dont Orange est concessionnaire. L’opérateur explique que cette filiale lui permettra de « saisir les opportunités potentielles de développement ou de consolidation sur ce marché« . En Espagne et en Pologne, la stratégie sera similaire avec un partage des futurs déploiements FTTH avec d’autres opérateurs via des FiberCos, en impliquant éventuellement des tiers.

Avec le déploiement du FTTH en France, Orange prévoit également la fin de commercialisation des offres xDSL en 2023 pour ensuite « éteindre » totalement le réseau cuivre en 2030.

Sur le mobile, Orange compte également mieux valoriser ses « tours » en créant des TowerCos dans la plupart de ses pays européens. Ces entités dédiées à la gestion des tours auront trois objectifs : améliorer l’efficacité opérationnelle et optimiser les CAPEX (investissements) mobiles, augmenter le taux de colocation sur les tours, tout en préservant l’avantage concurrentiel d’Orange et enfin mieux faire comprendre et révéler la qualité et la valeur de ces actifs. L’opérateur précise qu’il gardera bien le contrôle de ces entités. Les premières opérations commenceront dès 2020 en France et en Espagne, où la cession de 1 500 sites non stratégiques à Cellnex pour 260 millions d’euros a été annoncée.

Orange prévoit ensuite de regrouper ses « TowerCos locales », dans une TowerCo européenne, dont il garderait le contrôle majoritaire. Ce regroupement lui permettrait de « saisir les opportunités de consolidation du marché des tours au niveau européen ».

Pour le déploiement de la 5G, Orange va s’appuyer sur des accords de partage des réseaux (RAN-sharing), tout en maintenant des zones de différenciation. Des partenariats ont d’ailleurs déjà été signés en Pologne, en Roumanie et dernièrement en Espagne et en Belgique.

Accélérer le développement des secteurs stratégiques

En Afrique et Moyen-Orient, le Groupe affiche une forte croissance (+7,6% de CA sur le troisième trimestre 2019). Orange a donc l’ambition de devenir l’opérateur du digital de référence dans la région en s’appuyant sur la croissance de la data mobile portée par la pénétration croissante des smartphones et le déploiement rapide de la 4G. Orange propose d’ailleurs depuis cette année un smartphone en version 3G ou 4G, destiné au marché africain.

En 2020, Orange aura déployé la 4G dans la quasi-totalité des pays où il est présent dans la région. Pour couvrir les zones rurales, il s’appuiera sur des accords de partage du réseau et des technologies innovantes (pylônes plus légers par exemple).

Orange renforcera également sa stratégie multi-services de façon à ce qu’ils représentent 20% du chiffre d’affaires de la zone d’ici 2025. Orange Money, le service de transfert d’argent et de paiement mobile, devrait atteindre environ 900 millions d’euros de revenus en 2023. De nouveaux services financiers comme le micro-crédit, seront également lancés en Afrique Moyen-Orient dès 2020.

Orange continuera dans le même temps le développement d’offres de contenus, de e-santé et d’énergie. L’objectif d’Orange est d’atteindre sur la période 2020-2023 un taux de croissance annuel moyen du chiffre d’affaires d’environ 5% sur la région.

Sur le secteur du B2B, Orange va accélérer la transformation de ses activités afin de tirer profit de la convergence des métiers telco/IT. Le Groupe compte notamment profiter de la demande croissante des entreprises pour des services de connectivité à la demande et virtualisés comme le SD-WAN. Orange va également poursuivre le développement de services d’intégration pour proposer un écosystème IT complet aux clients : la data analytics pour accompagner les entreprises dans leur transformation digitale, les services cloud et prochainement du « edge computing », la mobilité intelligente et l’internet des objets pour délivrer toutes les promesses de la 5G et du edge computing, et bien sûr la cybersécurité, un secteur stratégique pour Orange qui ambitionne de dépasser le milliard d’euros de chiffre d’affaires et d’être leader en Europe en 2023.

Au total, plus de la moitié du chiffre d’affaires sur le segment B2B sera issue des nouveaux services de connectivité (SD-WAN, 5G) et des services IT en 2023.

En tant qu’opérateur multi-services, Orange va aussi continuer le développement de ses services financiers avec Orange Bank notamment. Après deux ans d’existence en France et 500 000 clients, la banque devrait être disponible dans l’ensemble des pays européens du Groupe d’ici 2025 et prochainement en Afrique. Rappelons que la banque d’Orange a été lancée en Espagne fin novembre.

Orange prévoit donc le développement de nouveaux produits autour du paiement, du crédit et de l’assurance et annonce travailler sur une offre bancaire digitale spécifique pour les professionnels et les petites entreprises. L’équilibre financier en Europe est prévu pour environ fin 2023, avec près de 5 millions de clients et environ 400 millions d’euros de produit net bancaire. L’objectif pour Orange Bank en Afrique est d’atteindre 10 millions de clients en 2023 avec un produit net bancaire d’environ 100 millions d’euros.

Pour finir sur ce « second pilier » du programme, le Groupe précise la croissance reposera aussi sur ses métiers historiques :

  • En France, le chiffre d’affaires services connaîtra une croissance modérée sur la période 2020-2023, reposant essentiellement sur le déploiement la fibre et des services mobiles (5G), qui sécurise les parts de marché et favorise l’acquisition de nouveaux clients.
  • En Espagne un retour à la croissance est prévu pour 2021, avec une utilisation toujours plus optimisée de ses marques afin de capter tout leur potentiel de valeur et une hausse du B2B et de la vente en gros, hors activités avec les opérateurs internationaux.
  • Plus globalement, la croissance en Europe sera supérieure à la moyenne du marché dans chacun de ses six pays, tirée notamment par une dynamique commerciale solide sur la convergence grâce au déploiement du très haut débit fixe.

L’IA et la data au cœur du modèle d’innovation

Le troisième pilier du programme consiste à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) et de la data pour offrir une expérience client réinventée, des réseaux plus intelligents et atteindre une meilleure efficacité opérationnelle.

Orange prévoit de déployer des parcours 100% digitaux et de rationaliser son réseau de boutiques, qui restera essentiel pour la proximité client et pour la commercialisation de ses nouveaux services.

L’IA et la data vont alors permettre de proposer des offres plus personnalisées, plus adaptées pour les clients et plus efficaces commercialement. Le canal digital prendra aussi une part plus importante dans la  relation client. D’ici 2023, Orange prévoit une diminution du nombre d’appels vers les call-centers en Europe de 55%. L’opérateur s’appuiera sur son assistant virtuel Djingo qui deviendra une interface vocale directe avec le client ainsi que sur son application Orange & Moi, dont le nombre d’utilisateurs devrait doubler d’ici 2023 pour atteindre près de 50 millions.

L’objectif pour Orange est d’atteindre un taux de recommandation des clients de 90% dans tous ses pays en 2025.

L’IA et la data serviront aussi pour les réseaux : optimisation des déploiements de nouveaux sites mobiles et de la fibre, optimisation de la maintenance quotidienne sur les réseaux, et optimisation des coûts et de la qualité de service. Orange compte aussi améliorer l’efficacité de ses processus internes et de ses activités de back office, comme la détection des fraudes.

Construire l’entreprise de demain

La dernière ambition d’Orange pour ce plan stratégique est de relever le défi des compétences dans la continuité de sa promesse d’employeur « digital et humain ».

En effet, demain Orange sera encore plus internationale, plus orientée B2B et à la pointe des nouvelles technologies. Pour accompagner ces évolutions, le Groupe va investir plus d’1,5 milliard d’euros dans un programme de renforcement des compétences ouvert à tous les collaborateurs dans le monde.

Orange va notamment former 20 000 collaborateurs à la virtualisation des réseaux, l’intelligence artificielle, la data, le cloud computing, le code et la cybersécurité. Pour atteindre cet objectif, Orange Campus deviendra une école en réseau ouverte à l’ensemble des salariés et à de nouveaux publics externes. Orange mènera aussi différentes actions pour attirer le nouveaux talents et favoriser les conditions d’une transformation durable et responsable afin de veiller à la cohérence sociale et humaine des projets engagés par le Groupe.

Les objectifs financiers

Pour atteindre les objectifs fixés, Orange va poursuivre ses programmes d’efficacité opérationnelle et ambitionne désormais de réaliser d’ici 2023 des économies nettes d’un milliard d’euros sur un périmètre délimité de coûts indirects des activités télécoms à fin 2019 de 14 milliards d’euros.

Les objectifs financiers pour 2023 sont les suivants :

  • Sur la base d’un EBITDAaL 2019 en légère croissance, et après un EBITDAaL 2020 stable positif, le Groupe vise une croissance annuelle de l’EBITDAaL comprise entre 2% et 3% par an en moyenne sur la période 2021-2023.
  • Les objectifs d’eCapex, incluent désormais les accords de RAN Sharing par souci de simplicité. Sur une base glissante annuelle, les eCAPEX seront en hausse d’environ 50 millions d’euros en 2019  et d’environ 200 millions d’euros en 2020 en raison des accords de RAN sharing en Espagne et en Belgique. Ils se stabiliseront en 2021 avant de commencer à baisser à partir de 2022, date à laquelle l’essentiel du déploiement FTTH sera finalisé en France. En excluant les accords de RAN Sharing, l’objectif de pic d’eCAPEX en 2018 sera respecté. Le Groupe a l’ambition de ramener le ratio eCapex/Chiffre d’affaires à environ 15% à horizon 2023 à comparer à environ 17% en 2018.
  • Le Cash-Flow organique des activités télécoms partant d’une base supérieure à 2 milliards d’euros en 2019 et 2020 sera en croissance avec une cible comprise  entre 3,5 et 4 milliards d’euros en 2023.
  • L’objectif d’un ratio dette nette/EBITDAaL des activités télécoms reste inchangé  autour de 2x à moyen-terme.
  • Enfin, s’agissant du dividende, Orange versera un dividende annuel de 70 centimes a minima par action sur la période, sans exclure une hausse éventuelle en lien avec l’accélération de sa trajectoire de cash-flow organique.

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