Orange et Eutelsat en désaccord sur l’internet par satellite : Selon les informations de LaTribune, l’opérateur historique et l’un des plus grands opérateurs de satellites commerciaux du monde peinent à trouver un accord pour offrir aux Français de nouvelles offres Internet par satellite.

Le Plan France Très haut débit prévoit que tout le monde ait accès à “du bon ou du très bon débit” pour 2020 et au très haut débit pour tous d’ici 2022. Pour cela, les opérateurs déploient progressivement la fibre en France, ce qui reste long et coûteux.

Stéphane Richard, PDG d’Orange, a donc récemment déclaré qu’Orange investit chaque année plus d’un milliard d’euros pour uniquement le déploiement de la fibre en France. D’ici fin 2018, le déploiement de la fibre en zones denses sera terminé et l’opérateur compte bien couvrir 70 à 75 % de la population située en zones moyennement denses d’ici 2021.

En revanche, il reste à couvrir les 2 millions de foyers en zones rurales, parfois très isolées ou situées dans des zones de montagne. Pour ces foyers, le satellite peut donc être une bonne alternative.

Selon S.Richard, en 2021 en France, il y aura environ 85-90 % des clients fibrés et 10-15 % qui auront du très haut débit par la 4G fixe, le câble ou encore le satellite.

Selon les informations de LaTribune, depuis des mois, Orange et Eutelsat tentent de s’accorder, sans succès, pour offrir aux Français de nouvelles offres Internet par satellite.

En effet, le spécialiste français du satellite avait d’abord proposé au gouvernement de connecter environ 800 000 foyers français grâce à un nouveau satellite américain ViaSat-3, construit par Boeing, dont le le lancement est prévu pour 2020. Or, le gouvernement a annoncé privilégier une solution française pour connecter entre 500 000 à 800 000 foyers, incluant Eutelsat, Thales et possiblement Airbus.

Dans ce cas, c’est Orange qui aurait pour mission de commercialiser les offres d’accès à internet par satellite, mais les négociations entre Eutelsat et l’opérateur historique se soldent à chaque fois par un échec. La raison principale serait financière car Eutelsat aurait premièrement demandé à Orange de s’engager à hauteur de 1,2 milliard d’euros. Le spécialiste des satellites avait ensuite vu à la baisse ses propositions et demanderait aujourd’hui entre 35 et 50 millions d’euros par an, sur 8 ans pour connecter 200 000 foyers par satellite.

Pour Orange, il est hors de question de s’engager sur de tels montants. Il estime d’abord que le marché ne représente pas 200 000 foyers mais uniquement 40 000 foyers à terme. L’opérateur ne voudrait donc pas dépenser plus de 40 millions d’euros au total, et qu’à partir de 2022. Orange souhaite également qu’Eutelsat propose de meilleurs débits que ceux proposés actuellement.

De plus, l’opérateur historique estime qu’avec l’accélération du déploiement de la 4G, le satellite sera de moins en moins utilisé. Rappelons que les opérateurs ont récemment conclu un accord avec le gouvernement pour mettre fin aux zones blanches. L’arrivée prochaine de la 5G pourra aussi offrir à de nombreux foyers un accès à du très haut débit fixe.

En effet, les opérateurs vont expérimenter pendant 2 à 3 ans le réseau 5G afin de bien préparer sa commercialisation prévue en 2020. Orange va donc prochainement expérimenter en Roumanie, l’accès à internet en très haut débit à la maison grâce à la 5G. Il y a quelques jours, l’ARCEP a attribué à Orange des fréquences dans la bande 3600 – 3700 MHz pour la réalisation d’expérimentations techniques de la 5G à Lille et Douai.

Selon LaTribune, Orange estime qu’Eutelsat, à travers un engagement important d’achat de capacité, tente de lui faire porter le risque commercial du futur lancement de son nouveau satellite. Eutelsat ne chercherait en fait qu’à relancer son projet avec le satellite américain ViaSat-3, en prenant comme prétexte qu’il n’a pas trouvé d’accord avec l’opérateur historique.

Enfin, Orange souhaiterait que d’autres opérateurs le rejoignent sur la commercialisation d’une nouvelle offre satellitaire. S.Richard avait récemment déclaré « Je ne pense pas qu’on puisse raisonnablement penser qu’Orange, à lui tout seul, puisse constituer la solution commerciale par rapport au lancement d’un nouveau satellite ».