Orange défend l’ARCEP sur les conditions d’attribution des fréquences 5G. L’opérateur historique réagit aux critiques de Bouygues Telecom et Free sur la façon d’affecter les fréquences 5G proposée par le régulateur.

L’ARCEP a lancé mi-juillet une consultation publique sur l’attribution des fréquences 5G dans la bande 3,4 ‑ 3,8 GHz, permettant aux différents acteurs du marché de donner leur avis. Le gendarme des télécoms prévoit donc une attribution de 310 MHz de fréquences en deux parties :

  • une première vente à prix fixe d’un bloc de 40 MHz à 60 MHz par opérateur, sous réserve de prises d’engagements supplémentaires aux obligations minimales portant sur la couverture à l’intérieur des bâtiments, la fourniture d’offres d’accès fixe sur le réseau mobile, la transparence sur les pannes et le déploiement ou encore l’accueil des opérateurs virtuels (MVNO)
  • une seconde partie, des blocs de 10 MHz supplémentaires seront mis aux enchères, avec une limite de 100 MHz détenus par opérateur. Le prix initial des blocs sera déterminé par le prix de réserve fixé par le Gouvernement.

Il y a quelques semaines, Bouygues Telecom et Free ont manifesté leur désaccord sur ces conditions d’attribution. Ces deux derniers redoutent un « scénario noir » où Orange et SFR qui disposent de moyens plus importants, se retrouveraient avec un portefeuille de fréquences de 100 MHz, contre 50 MHz pour Bouygues Telecom et Free. Ces deux derniers ayant plus de bandes de fréquence, proposeraient une qualité de service et des performances bien plus élevées que leurs concurrents.

L’association UFC-Que Choisir avait ensuite ajouté son grain de sel en déclarant que le projet d’attribution « ne permettra pas à tous les consommateurs d’accéder à terme au meilleur de la 5G et ouvrira la voie à toutes les dérives marketing des opérateurs ».

Ce samedi 14 septembre, le président de l’ARCEP, Sébastien Soriano, a répondu à ces contestations « Par le passé nous avons été accusé d’avoir fait la courte échelle à Free et d’autres donc personne n’est dupe à ce sujet. Nous sommes un arbitre neutre et impartial. Ce qui nous intéresse vraiment est l’intérêt des français ». « L’ARCEP est très attachée à la concurrence, qu’elle a bâti en 20 ans avec les acteurs du secteur. Nous tenons à ces quatre acteurs que nous avons en France, ainsi qu’à la myriade de petits acteurs qui orbitent autour, il est donc hors-de-propos et hors de propos que l’ARCEP veuille sacrifier la construction de ces 20 dernières années ».

Suite à ces différentes contestations, Orange a réagi et a annoncé être en accord avec le projet de l’ARCEP. Lors d’un point presse le lundi 16 septembre, la PDG d’Orange France Fabienne Dulac a déclaré (via ZDNet) « Je comprends la position de Free et Bouygues Telecom mais mathématiquement, les arguments avancés sont faux. Ce modèle en deux étapes est bien meilleur que le précédent où nous commencions tous à zéro et où nous étions dans des enchères permanentes pour acquérir les dix premiers mégahertz ».

Selon la PDG, le processus d’attribution est dans une « logique où le gouvernement et l’ARCEP ont entendu le fait que les opérateurs sont plutôt engagés à déployer leurs réseaux plus rapidement et à mettre plus de CAPEX (investissements) pour aller plus vite dans ce déploiement mais moins dans les enchères« . Ce type d’attribution proposé par le régulateur devrait donc éviter d’avoir des enchères atteignant des sommes importantes comme en Italie ou en Allemagne et permettrait un déploiement rapide de la 5G.

Concernant la quantité de fréquences qui seraient allouées, Fabienne Dulac estime que « chacun défend son intérêt pour s’offrir un maximum de fréquences pour un moindre prix, mais c’est pour moi du détail au vu de l’enjeu global« .

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