Le Président de la FFT fait le bilan environnemental de la 5G. Dans les Echos, Nicolas Guérin à la tête de la Fédération Française des Télécoms depuis mi-juin fait le point sur l’impact du nouveau réseau mobile dont l’ouverture commerciale devrait arriver prochainement.

En effet, une partie de la population se montre méfiante à l’égard de la 5G, la nouvelle génération de réseau mobile dont l’attribution des fréquences aux opérateurs aura lieu fin septembre pour un lancement commercial fin 2020 – début 2021. Certains accusent notamment le nouveau réseau mobile d’être très mauvais pour l’environnement. Dans un entretien accordé aux Echos, le Président de la Fédération Française des Télécoms (et Secrétaire Général d’Orange) fait donc le point sur l’impact de la 5G sur la planète.

Pour commencer, ce dernier tient à rassurer quant à l’inquiétude autour de la multiplication des antennes relais. À ses débuts, la 5G déployée sera « non standalone », c’est-à-dire qu’elle reposera sur les installations 4G. Comme fixé par l’ARCEP dans son cahier des charges 5G, 10 500 sites mobile 4G déjà existants devront être équipés pour fournir de la 5G d’ici 2025. « il n’y aura donc aucune nouvelle antenne pendant plusieurs années, en dehors de celles prévues dans le cadre du New Deal Mobile » assure Nicolas Guérin.

Ces nouveaux équipements sont évidemment consommateurs d’énergie mais au global, la 5G sera plus économe que la 4G. En effet, « une antenne 5G consomme trois fois plus qu’une antenne 4G, mais elle produit 15 fois plus de débit » explique le Président de la FFT. Cependant, les détracteurs de la 5G estiment qu’offrir davantage de débits risque de booster la consommation et ainsi de compenser les économies d’énergie réalisées. Hugues Ferreboeuf, directeur du projet « Sobriété numérique » au sein du Think-Tank The Shift Project précise : « les dépenses en énergie du réseau devraient augmenter de 35 % entre 2019 et 2025. Et aucune date n’a été fixée pour démanteler les réseaux 2G et 3G existants ». Ce dernier est cependant d’accord avec Nicolas Guérin sur le fait que le déploiement de la 5G est aujourd’hui inévitable puisque les fréquences 4G seront saturées d’ici 2022 (la consommation de data 4G progresse de près de 30 % par an).

Pour faire face à cette croissance constante de la consommation en data, le Conseil national du numérique avait proposé au Sénat fin juin d’interdire les forfaits mobiles illimités. Cette proposition a cependant été rapidement rejetée par le président de l’ARCEP, Sébastien Soriano. Nicolas Guérin est du même avis que ce dernier  : « L’interdiction fonctionne rarement. Il faudrait au contraire sensibiliser les consommateurs sur leurs usages. Par exemple, les inciter à utiliser un réseau fixe dès qu’ils rentrent chez eux. Ces bons usages du numérique peuvent être portés par le Gouvernement« .

Les sénateurs ont aussi fait d’autres propositions comme le renforcement des sanctions sur l’obsolescence programmée ou la création une taxe carbone aux frontières européennes pour compenser le coût environnemental des terminaux importés. Les terminaux mobiles représentent en effet à eux seuls 81 % des impacts environnementaux du numérique en France et leur renouvellement risque de s’accélérer avec l’arrivée de la 5G, les consommateurs souhaitant s’équiper d’un smartphone compatible. « Nous prévoyons une augmentation de la vente de smartphones de l’ordre de 15% dans les années à venir, seulement à cause de la 5G » a précisé Hugues Ferreboeuf dans les Echos. 

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