5G : Orange satisfait des prix fixés par le Gouvernement. Auditionné par la Commission des Affaires Économiques, le PDG d’Orange Stéphane Richard est revenu sur les décisions du Gouvernement concernant les enchères des fréquences.

Il y a quelques jours, le Gouvernement a validé le cahier des charges transmis par l’ARCEP pour l’attribution des fréquences dans la bande-coeur de la 5G (3,4 ‑ 3,8 GHz).

Pour rappel, la procédure d’attribution des fréquences se fera en deux étapes, sur une méthode dite mixte (enchères financières + prise d’engagements optionnels). Au total, 310 MHz sont à attribuer.

La première partie prévoit la mise aux enchères de quatre blocs de 50MHz. Pour obtenir un bloc, deux contreparties sont demandées aux opérateurs :

  • Une contrepartie financière avec un prix fixe de 350 millions d’euros par bloc
  • Une série d’obligations de déploiement et de service définies par l’ARCEP (+ possibilité d’engagements optionnels)

En seconde partie de la procédure, il sera possible pour les opérateurs d’obtenir des blocs de 10 MHz supplémentaires, dans la limite de 100 MHz détenus au total. L’attribution se fera pour cette partie sous forme d’enchères financières avec un prix de réserve de 70 millions d’euros par bloc.

Au total, le prix de réserve pour l’ensemble de la procédure est donc de 2,17 milliards d’euros (4 blocs à 350 millions d’euros + 11 blocs à un prix minimum de 70 millions d’euros).

Interrogé par le Sénat ce 18 décembre, S.Richard s’est dit satisfait malgré un prix plus élevé que prévu. Il a déclaré « Je trouve que, globalement, le compromis trouvé par les autorités est assez correct et acceptable. Évidemment les opérateurs vont pleurer en trouvant que le prix de réserve fixé est trop cher mais je trouve pour ma part qu’il s’agit d’un compromis qui est finalement assez acceptable« .

Comparé aux enchères 5G menées en Allemagne ou en Italie où les sommes ont atteint des montants « astronomiques », ce prix de réserve semble en effet raisonnable. Cependant, le PDG a expliqué « ce n’est pas comparable car ce ne sont pas les mêmes fréquences ni le même nombre de fréquences qui sont mis en jeu. On ne peut pas comparer les deux milliards d’euros et quelques exigés par les autorités françaises avec les six milliards de l’Allemagne, car on ne parle tout simplement pas de la même chose ».

Stéphane Richard s’est ensuite exprimé sur le retard pris par la France sur la 5G, et notamment sur le lancement de la procédure des enchères. Selon lui, « ça ne va pas poser de problèmes en ce qui concerne le déploiement de nos réseaux ». Il a ajouté « C’est vrai qu’on n’est pas en avance, mais on n’est pas à six mois près. Ce n’est pas la peine de dramatiser cela. La France n’est pas spécialement en retard ».

Pour finir, le PDG est revenu sur le « cas Huawei ». Rappelons en effet que le Gouvernement a adopté récemment une loi forçant les opérateurs à demander l’autorisation de l’ANSSI avant de déployer leurs équipements réseaux.

Aujourd’hui, l’opérateur historique n’est pas concerné par l’affaire puisqu’il ne se fournit qu’auprès de ses partenaires Nokia et Ericsson pour ses équipements radio. Cependant, il a tenu à défendre le constructeur en déclarant « Huawei est aujourd’hui de loin le premier équipementier mondial. La part de marché de Huawei dans les équipements mondiaux est d’un peu plus de 30 %. Elle est plus importante sur l’ensemble de l’Europe, en Afrique, en Asie et nulle aux Etats-Unis. Ce qui soit dit en passant explique pourquoi les américains sont si virulents à l’endroit de Huawei puisque cela n’a aucune incidence sur eux, vu qu’ils n’utilisent pas leurs appareils « .

En France, seuls Bouygues Telecom et SFR s’équipent auprès de Huawei. Toutefois, aucun appareil du constructeur chinois n’est utilisé pour le coeur de réseau. « Nous estimons nous que ces questions de sécurité n’existent absolument pas sur la partie radio » a donc estimé S.Richard.

Source : ZDnet

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