Procès France Telecom : un risque financier contenu selon le patron d’Orange. Lors d’une interview accordée à Radio Classique, Stéphane Richard est revenu sur le jugement rendu le 20 décembre.

 

Fin décembre, le délibéré du procès est tombé : France Télécom (devenue aujourd’hui Orange) et sept anciens dirigeants ont été reconnus coupables de « harcèlement moral institutionnel » après la vague de suicides des salariés fin des années 2000.

Didier Lombart, PDG de France Telecom à l’époque, Louis-Pierre Wenès, son ancien bras droit et Olivier Barberot, l’ex-DRH ont été condamnés à un an de prison, dont huit mois avec sursis, et 15 000 euros d’amende. L’opérateur a été lui condamné à une amende de 75 000 euros ainsi que 5 millions d’euros en réparations aux 150 victimes qui s’étaient portées parties civiles dans le dossier.

Contrairement aux trois dirigeants condamnés, Orange a décidé de ne pas faire appel de cette condamnation pénale. Stéphane Richard a en effet expliqué au micro de Radio Classique qu’il est « temps de tourner cette page aujourd’hui pour l’entreprise ».

Lors de l’interview, le PDG a également réagi aux différents articles parus dans la presse et qu’il décrit comme « sensationnalistes« . En effet, selon certains journaux, si davantage de salariés s’estiment victimes du harcèlement moral à l’époque, cela pourrait coûter plusieurs centaines de millions d’euros à Orange.

S.Richard rappelle donc que « la possibilité, le droit qui est ouvert pour les salariés présents dans l’entreprise au moment des faits n’est dans aucune manière un droit général à indemnités. Il faut que chacun, qui pourrait s’estimer victime du harcèlement institutionnel que le tribunal a établi dans son jugement, puisse démontrer un préjudice personnel direct à l’époque« .

Il ajoute que les « estimations qui ont été lancées par les journaux sont farfelues et condamnables car elles laissent entendre qu’il y a effectivement un risque financier considérable qui pèse sur l’entreprise, et ce n’est pas vrai, ce n’est pas le cas. La meilleure preuve d’ailleurs c’est que les commissaires aux comptes ne nous ont pas demandé de faire quoi que ce soit sur nos comptes« . Il ajoute que « certes, il y a une possibilité d’indemnisation supplémentaire mais qui aurait existé d’ailleurs que ce jugement ait lieu ou pas ».

Pour finir, il précise qu’Orange a mis en place un dispositif d’indemnisation pour les salariés concernés donc cela « coutera un peu d’argent, on l’a prévu, mais certainement pas les montants astronomiques qui ont été improprement lâchés dans certains médias ».

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